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L’ombre de la Tour

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Je ne vise pas avec ma main ; celui qui vise avec sa main a oublié le visage de son père. Je vise avec mon œil.
Je ne tire pas avec ma main ; celui qui tire avec sa main a oublié le visage de son père. Je tire avec mon esprit.
Je ne tue pas avec mon arme ; celui qui tue avec son arme a oublié le visage de son père. Je tue avec mon cœur.
Terres perdues, Stephen King

 

L’auteur

Stephen King est un écrivain américain, né en 1947 dans le Maine, reconnu dès la publication de son premier roman en 1974 « Carrie », comme virtuose du genre fantastique, horrifique, science-fiction ou policier.
L’horreur étant considéré par les critiques comme un sous-genre, l’auteur a longtemps été décrié et considéré comme un auteur populaire du fait de son style familier ayant recours au gore. Cependant la reconnaissance de son don à raconter les histoires, les rendre passionnantes et à jouer et réveiller les terreurs intestines les plus enfouies des lecteurs fait l’unanimité.

Salem, Le Fléau, Insomnie, Le Talisman, Désolation et Cœurs perdus en Atlantide comptent parmi les œuvres ayant plusieurs ramifications entre elles.

Avec La Tour sombre, son « grand œuvre » Stephen King nous emmène très loin dans l’entre-deux-monde, un univers parallèle au nôtre et qui commence dans le désert avec cette célèbre première phrase  : « L’homme en noir fuyait à travers le désert et le pistoléro le suivait ».

Issue d’inspirations aussi variées que le Seigneur des anneaux, du western de Sergio Léone ou de la saga Arthurienne, cette épopée retrace la quête initiatique de Roland, dernier pistoléro d’un monde en ruine.

Le Pistoléro

« Le Temps est comme un visage sur l’eau. »
— Magie et Cristal, Stephen King

Le héros, Roland Deschain est le dernier pistoléro, sorte de justicier, cow boy solitaire et taciturne ou chevalier errant. Son prénom lui vient d’un poème de Robert Browing qui a beaucoup inspiré l’auteur Stephen King : « Et le chevalier Roland s’en vint à la Tour Noire ».

Le Pistoléro vient d’un monde parallèle au notre, une autre dimension qui pourrait correspondre à un mélange entre notre Moyen Age et l’époque du Far West Américain, présentant nombre de ressemblance avec la Terre mais ou la magie domine.

Roland se distingue par son impressionnante rapidité dans la maîtrise de ses révolvers, son esprit pragmatique et sa froide détermination. Doté de fortes valeurs morales, celles-ci seront fortement mises à mal dans la quête qui sera la sienne, car obsédé par la Tour, il mettra tout en œuvre pour l’atteindre. Elle existerait quelque part à la croisée des mondes.

tatouage la tour sombre

La Tour

« L’errance, c’est la drogue la plus redoutable qui existe, il me semble, et chaque route occulte mène à une dizaine d’autres. »
— Les Loups de la Calla, Stephen King

La Tour sombre est l’épicentre de tous les mondes possibles et existants, symbole de tous les « ou » et de tous les « quand », elle revêt une existence propre dans chacun des Univers. Par exemple elle s’incarne dans notre monde par une rose poussant dans un terrain vague à New York. Une rose fascinante, couleur vieux rose avec un cœur jaune soleil, elle semble psalmodier un chant empli de visages et de voix.

Elle existe en tant que Tour dans « le monde ultime » et s’élève au milieu d’un champ de rose rouge sang. Dans le livre elle est décrite comme « Un pivot central maintenant ensemble tous les plans de l’existence. Tous les temps, toutes les dimensions »

Menacée par les hordes du Roi Cramoisi et par le mystérieux homme en noir, sa destruction provoquerait le chaos. Les bouleversements ont déjà commencé avec la destruction de Gilead, le monde dont Roland est issu.

L’histoire

« Que vos journées soient longues et vos nuits plaisantes »
— Les Loups de la Calla, Stephen King

Les premières pages nous projettent dans un désert immense, ondulant comme un mirage et sur lequel le temps n’a pas de prise : Le pistoléro traque l’homme en noir, et cela depuis 20 ans, peut-être plus, peut-être moins. L’homme en noir, silhouette énigmatique et mystérieuse, détient le secret de la quête de Roland : la Tour sombre, centre de l’Univers.

Cette chasse à l’homme n’est qu’une étape dans la quête vers la Tour sombre, et les huit tomes constituant l’œuvre vont nous raconter ce périple, ce que Roland mettra en œuvre pour y arriver, son propre voyage intérieur ainsi que celui des compagnons qu’il devra trouver pour l’aider. L’homme en noir est sensé lui donner les clefs de son avenir et l’aider dans sa quête initiatique.

Parvenir à la Tour répondrait à toutes les questions et permettrait peut-être la guérison de son propre monde à l’agonie.

La Saga a été écrite sur 20 ans, 7 tomes dont un huitième qui peut se lire indépendamment des autres et qui vient s’insérer entre le 4ème et le 5ème tome.

Zoom
L’œuvre a cela de particulier qu’elle lie toutes les autres œuvres de Stephen King entre elles. De part de multiples correspondances entre ses différents romans et différents personnages, elle est elle aussi un pivot central et pourrait symboliser la propre Tour du grand maitre du fantastique.

Les personnages (le katet)

« Les ennemis seuls sont sincères. Amis et amants ne cessent de mentir, pris comme ils sont dans les rets du devoir. »
— Le Pistolero, Stephen King

Roland devra compter sur l’aide de compagnons pour l’assister dans son périple. L’homme en noir lui fera tirer trois cartes, celles-ci désigneront l’identité de son nouveau katet. Le Ka revêt une signification particulière, sacrée, dans l’œuvre. On peut l’interpréter par karma, destin, « la roue éternelle » qui tourne et revient inéluctablement à son point de départ, ce qui suggère que les choses se répètent. Pour Roland, toute chose sert le Ka.

Le Katet désigne l’alliance, les personnages entourant Roland :

• Eddie Dean ; ancien héroïnomane, à la fois drôle et sensible.

Susannah Dean ; ancienne schizophrène dont les deux jambes sont amputées en dessous des genoux. Anciennement Odetta et Detta, deux personnalités radicalement opposées, l’une charmante, cultivée et engagée, l’autre vulgaire, haineuse et violente, elle deviendra Susannah, membre du katet du pistoléro.

• Jake Chambers ; fils spirituel de Roland, très intelligent pour ses onze ans, capable d’avoir des prémonitions, doté du don de télépathie.

• Ote ; animal entre le chien et le raton laveur, fidèle et brave.

 

Le Tatouage

« Dans le Pays des Souvenirs, le temps, c’est toujours maintenant. Dans le Royaume de Jadis, les horloges font tic-tac… mais leurs aiguilles ne bougent jamais. Il y a une Porte dérobée (Ô Perdue) et la mémoire est la clé qui seule peut l’ouvrir. »
Le Chant de Susannah, Stephen King

Des personnages épiques, un cadre hors du temps et de l’espace, des contrées légendaires aux sonorités lointaines, désert et plage immense, champ de roses rouge, mondes parallèles et des portails pour ouvrir leurs portes, des symboles et des aphorismes, des préceptes lourds de sens, parlant avec le vécu de chacun des lecteurs… Inédit et familier tout à la fois… Il n’est pas étonnant que cette saga ait inspiré nombre d’artistes, dessinateur, peintre, poètes et … tatoueurs.

On grave alors dans la chair l’écho de phrases évocatrices, qui sonnent comme des vérités, des clefs qui nous ont fait passer de l’autre côté, près de Roland et de son Katet. On en immortalise la poésie, la beauté, l’histoire. Ainsi, que ce soit pour une signification particulière à laquelle on croit, ou simplement pour l’ornement esthétique, chacun y trouve sa propre inspiration.

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