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Jay Freestyle

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Jay Freestyle, de son vrai nom Jay Hong, est un tatoueur né il y a une trentaine d’années en Afrique du sud. Il vit et exerce désormais au Pays Bas, à Amsterdam. Autodidacte, son style particulier retient l’attention car il utilise beaucoup de techniques différentes, ses couleurs sont très vives et la spontanéité de son travail rend chaque pièce unique.

 

Que faisais tu avant de tatouer ?
Je travaillais avec mes parents, nous avions un commerce familial d’accessoires et de bijoux. Notre magasin à Amsterdam est aussi un studio de piercing où j’ai commencé à piercer et c’est par ce biais que je suis arrivé au tatouage. 

As-tu un tatouage favori et peux tu nous raconter son histoire ?

tatouage de jay freestyle
Une de mes pièces favorites est la danseuse. Je l’aime pour plusieurs raisons, l’une d’elle est qu’il n’a pas été facile de convaincre mon “collectionneur” d’avoir une pièce aussi intéressante. Son idée originale était tellement ennuyeuse et commune, elle voulait juste des fleurs dans le dos.

Après discussion et en tenant compte de ses envies niveau design, nous sommes arrivés à un accord pour faire une danseuse comme sujet principal (elle est danseuse) et pas seulement des fleurs.

J’ai simplement aimé la façon dont les choses tournaient, la composition et la fluidité du tatouage, avec un juste équilibre entre les éléments féminins et masculins. Il est facilement visible de loin et a une forte silhouette.

Quels aspects de ton métier aimes-tu le plus et le moins ?
Je fais ce que j’aime le plus, qui est de créer, donc j’ai de la chance que mon travail soit une passion. Voyager est une des choses que j’aime le plus, et aussi que j’aime le moins. C’est super de découvrir le monde, mais c’est un cauchemar de devoir toujours tout planifier. Répondre aux mails et caler les rendez-vous est ce que j’aime le moins. C’est beaucoup de temps et de stress de devoir planifier sa vie autant de mois à l’avance.

Ton travail est très différent des autres. Peux tu nous expliquer pourquoi ?
Je suppose que c’est parce que j’ai plus d’ambition et que je veux devenir un grand artiste, que j’essaye de rester en avance sur tout le monde et de toujours m’améliorer. Je suis là pour l’art, beaucoup d’artistes font ce métier pour l’argent ou le mode de vie. Je suis toujours à l’affût de ce qui est populaire et j’essaye de faire exactement le contraire.

Quels sont tes artistes préférés ?
Boris Vallejo est l’un de mes artistes préférés depuis que je suis jeune, j’aime simplement la combinaison du style Fantasy et la précision technique qu’il utilise dans son travail. J’ai toujours aimé le genre fantastique parce qu’il offre à l’artiste des possibilités illimités d’interprétations de son propre travail. 
J’aime aussi Agnès Cécile, elle est capable de capturer tant d’émotion dans son travail. Il y a un équilibre parfait entre ses détails de précision et les éclaboussures d’eau.

Quelle est l’importance de la couleur dans tes œuvres?
J’utilise principalement les couleurs pour créer un contraste entre les éléments, de sorte que l’arrière-plan et le premier plan ne rivalisent pas beaucoup entre eux. La couleur me permet d’obtenir un contraste plus élevé et un look plus audacieux.

Tes tatouages ​​et tableaux sont très visuels ; Quels sentiments y mets-tu ?
Je ne peins et ne tatoue pas en y mettant du sens, en fait, je ne supporte pas quand les gens essaient de trouver à tout prix une signification à une œuvre d’art. Pour moi, l’art (tatouage / peinture / dessin) est juste quelque chose qui est visuellement agréable. Je pense que l’objectif principal est l’esthétisme. C’est la société qui vous fait penser que vous devez avoir une raison ou une histoire derrière une oeuvre parce que c’est plus facile à vendre. Personne n’aime admettre qu’il aime quelque chose juste parce que c’est “joli”.
C’est pourquoi mon travail est fort visuellement, parce que je priorise l’esthétique visuelle avant tout. J’essaie d’éviter les tatouages qui ont du sens.

C’est le cas notamment de tes portraits de femmes  ? 
Oui, je ne mets aucune arrière pensée dans mon art, je crée juste des images qui, je pense, seront belles. J’apprécie faire des visages car c’est un vaste sujet, les possibilités sont infinies. C’est aussi une bonne chose pour la pratique technique, car il est très facile de voir si quelque chose ne va pas.  

Qu’est-ce qui t’inspire dans la vie ?
Devenir un artiste inspirant. Je pense que c’est le plus haut niveau qu’un artiste puisse atteindre avant de devenir professionnel, être si bon qu’il inspire d’autres artistes.

De quoi as-tu peur ?
De vieillir, de ne plus pouvoir créer.

Comment imagines-tu ta vie dans 10 ans ? 20 ans ?
Je serai probablement installé quelque part, peut-être en Australie. J’aurai mon propre studio de tatouage et je n’aurai pas besoin de tatouer autant que je le fais maintenant. J’espère que d’ici là, j’aurai atteint l’équilibre entre la peinture et le tatouage. Avec mon propre studio, je ferai des ateliers pour les artistes, afin d’apprendre les uns avec les autres et de partager nos savoirs.

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